27 % : c’est la part des annonces d’emploi françaises qui utilisent le terme « soft skills » plutôt que sa traduction, pourtant officielle, « compétences comportementales ». Derrière ce chiffre, une réalité : l’anglais s’impose, mais la langue peine à suivre le rythme du marché du travail.
Les critères de recrutement ne ressemblent plus à ceux d’hier. Maîtriser une technique ne suffit plus pour franchir la porte d’une entreprise ou grimper les échelons. Aujourd’hui, la capacité à travailler en équipe, à s’adapter, à transmettre ses idées clairement est devenue un passage obligé dans de nombreux secteurs. Les anciens repères vacillent, les attentes changent vite.
Soft skills : comment les définir et pourquoi parle-t-on aussi de compétences comportementales ?
Le concept de soft skills s’est faufilé partout dans le monde professionnel, jusqu’à devenir le terme de référence pour ce que l’on nomme, en français, compétences comportementales. Mais derrière ces mots, on trouve bien plus qu’une simple traduction : ils englobent tout un ensemble de savoir-être, de qualités humaines, émotionnelles et relationnelles qui comptent dans la vie d’une équipe. Oubliez la technique, ici il s’agit de la façon d’entrer en contact, de décoder une situation, d’ajuster sa réaction ou de sentir ce dont l’équipe a besoin.
Le vocabulaire, lui, reste flottant. Entre compétences douces, compétences transversales ou compétences de communication, les entreprises hésitent sur le mot juste. La traduction « compétences comportementales » figure bien dans les textes, mais l’anglais gagne sur le terrain, dans les échanges comme dans les fiches de poste. Ce choix d’un terme international révèle une double volonté : parler un langage universel, tout en admettant que la richesse de ces aptitudes dépasse ce que le français exprime en un mot.
En pratique, les soft skills recouvrent l’intelligence émotionnelle, la capacité d’adaptation, la gestion du stress, l’aisance dans la communication et l’art de fédérer. Au quotidien, elles se manifestent par la qualité de l’écoute, la manière de résoudre un conflit, la créativité face à un obstacle ou la facilité à coopérer, même hors de son périmètre. Dans le monde du travail d’aujourd’hui, cette palette fait la différence : la transversalité, la souplesse et l’esprit d’équipe pèsent désormais lourd dans la balance.
Hard skills et soft skills : quelles différences concrètes dans le monde du travail ?
Impossible d’assimiler hard skills et soft skills quand on regarde le quotidien d’une entreprise. Les premières désignent les compétences techniques : coder, auditer, parler une langue étrangère, piloter une machine. On les apprend sur les bancs de l’école, à l’université, en formation, on les vérifie à l’aide d’un diplôme ou d’une certification. Sur un CV ou dans une lettre de motivation, elles s’affichent noir sur blanc.
À l’inverse, les soft skills relèvent du savoir-être. Elles se révèlent dans la façon de collaborer, de réagir lors d’une tension, de communiquer sans détour. Difficile de les quantifier précisément : elles s’observent au fil d’un entretien, dans le jeu collectif, à l’occasion d’un échange informel.
Pour de nombreux recruteurs, cette distinction structure désormais le processus de recrutement. Selon une enquête de Pôle emploi en 2023, 60 % des employeurs placent les compétences comportementales parmi les critères phares d’un entretien d’embauche. Les entreprises veulent des collaborateurs capables de s’adapter, d’apprendre, d’écouter, autant que des experts d’un outil ou d’une méthode.
| Hard skills | Soft skills |
|---|---|
| Compétences techniques | Compétences comportementales |
| Certification, diplôme | Observation, mise en situation |
| Évaluation formelle | Évaluation contextuelle |
La complémentarité entre ces deux familles s’impose partout : métiers en mutation numérique, équipes en mode projet, relation client. Un professionnel pointu mais incapable de s’intégrer à une équipe verra son impact limité. À l’inverse, la seule aisance relationnelle ne saurait compenser une absence d’expertise métier.
Quelles sont les soft skills les plus précieuses pour évoluer en entreprise ?
Les attentes des entreprises ne se limitent plus à la compétence technique. Les soft skills recherchées dessinent aujourd’hui les contours d’une employabilité solide et d’une mobilité interne plus fluide. Face à l’incertitude et au rythme des changements, les responsables RH accordent une attention particulière à la capacité d’adaptation. Naviguer dans l’imprévu, absorber les bouleversements, accepter de changer de cap : voilà les qualités qui font la différence.
Du côté des soft skills incontournables, la pensée critique et la résolution de problèmes occupent une place de choix. Être capable d’analyser, de formuler des alternatives, d’argumenter des décisions : ces aptitudes alimentent la dynamique d’innovation et renforcent la prise de décision collective. La communication occupe également une place centrale : écouter, donner du feedback, désamorcer un malentendu… La cohésion ne se décrète pas, elle se construit chaque jour.
Voici quelques-unes des compétences comportementales particulièrement suivies par les entreprises :
- Intelligence émotionnelle : réguler ses émotions, comprendre celles des autres, ajuster sa posture relationnelle.
- Créativité : sortir du cadre, imaginer des solutions inédites, stimuler l’innovation.
- Leadership : fédérer, entraîner, impulser une dynamique collective, même sans position hiérarchique.
- Travail en équipe : coopérer, partager l’information, rechercher le consensus.
Les retours de terrain sont concordants : investir ces compétences comportementales améliore la satisfaction au travail, développe l’engagement et ouvre des perspectives d’évolution. Désormais, la soft skills entreprise conditionne l’intégration, la progression et la réussite collective.
Des pistes simples pour développer ses compétences comportementales au quotidien
Pour renforcer ses soft skills, inutile d’attendre un stage ou une formation formelle. Les chercheurs en management rappellent d’ailleurs le modèle 70/20/10, souvent cité dans le plan de développement des compétences : 70 % de l’apprentissage se forge dans l’expérience professionnelle, 20 % grâce à l’accompagnement (mentorat, coaching soft skills), et 10 % via la formation structurée.
Les projets transversaux représentent un terrain d’expérimentation privilégié. Ils invitent à sortir de ses habitudes, à collaborer avec de nouveaux interlocuteurs, à s’adapter rapidement à des situations inédites.
Au quotidien, plusieurs pratiques permettent de muscler ses compétences relationnelles : lors d’une réunion, pratiquer l’écoute active, poser des questions, reformuler pour clarifier. Oser donner un feedback constructif affine la communication et renforce la confiance. La gestion des émotions s’entraîne au fil des échanges, dans la résolution de tensions ou face à l’imprévu. L’intelligence émotionnelle se travaille à chaque interaction.
Les outils numériques démultiplient les possibilités pour progresser sur ces sujets :
- Ateliers collaboratifs en visioconférence,
- Cours en ligne pour s’initier à la résolution de problèmes,
- Micro-formations intégrées au temps de travail.
La régularité prime sur la quantité : multiplier les occasions d’expérimenter, accepter la remise en question, s’engager dans des groupes projets… tout cela contribue à enrichir son répertoire. Demander un retour à ses pairs, solliciter un conseil après un projet : ce sont là des leviers puissants pour affiner son savoir-être, et transformer chaque expérience en opportunité d’évolution.


